01.04.05
Les antennes-relais veulent passer inaperçues
A la place des dix-sept antennes disgracieuses qui hérissaient il y a encore quelques mois le toit de l’immeuble du 31, rue Defrance à Vincennes se dressent aujourd’hui trois fausses cheminées orange qui donnent au bâtiment l’aspect d’un gros paquebot. Présentée avant-hier par Bouygues Telecom, Orange et SFR en présence de locataires et du maire UDF Laurent Lafon, cette opération, qui vise à mieux intégrer les antennes-relais dans leur environnement, se veut emblématique. C’est le premier chantier de ce type réalisé conjointement par les trois opérateurs, en concertation avec le bailleur, l’architecte des Bâtiments de France et la mairie, en application de la charte départementale signée le 1er juillet dernier.

VINCENNES, HIER. Travaillant pour la première fois de manière conjointe, les trois opérateurs de téléphonie mobile ont procédé à l’habillage des antennes-relais d’un immeuble vincennois.
Déjà à Nogent, Gentilly, Santeny… « Cela répond également à une grosse demande des locataires et des riverains pour qui l’agression visuelle est difficile à vivre », reconnaît Florence Curvale, responsable des relations extérieures de Bouygues Telecom Ile-de-France. Et pour camoufler leurs ouvrages, les opérateurs ne manquent pas d’imagination… A Gentilly, Nogent et Vincennes, les mâts sont intégrés à de fausses cheminées en résine. A Santeny, l’antenne est placée en tête de flèche du clocher.
Dans le cimetière de Saint-Maur, le pylône prend la forme d’un arbre artificiel… « Il ne faut pas avoir de réponse stéréotypée », explique Richard Macaigne, l’architecte qui a réalisé l’habillage à Vincennes. Aussi réussies soient-elles, ces intégrations paysagères ne vont pas sans susciter des inquiétudes. « A partir du moment où vous cachez les antennes, n’avez-vous pas quelque chose à cacher ? » interroge Guy Vindou, adjoint à l’environnement du maire de Vincennes. Marc Arazi, opposé à trois antennes-relais de Bouygues Telecom près d’établissements scolaires sur le coteau de Nogent, renchérit : « N’est-il pas souhaitable, au nom du principe de précaution, qu’elles restent visibles dans certains endroits : près des écoles, des maisons de retraite, des hôpitaux ? » Opinion partagée par Janine Le Calvez, présidente de l’association Priartem qui se bat pour une réduction drastique des seuils réglementaires d’exposition. « Nous craignons que les opérateurs mettent en avant l’intégration paysagère pour mieux cacher aux gens ce à quoi ils sont exposés. »
Julien Duffé Le Parisien , vendredi 01 avril 2005












